CHAPTER THREE : AVATAR DU WESTERN, LE ROAD-MOVIE A présent, le troisième volet de la triade que je vous ai proposée : la route en plein désert. J'ai choisi ce motif à partir de la série Breaking Bad . L'intrigue se déroule à Albuquerque, au Nouveau Mexique....
Il s'appellerait Clyde ou Ferdinand et moi je l'appellerais Pierrot. On vivrait en rouge et bleu, des filtres plein les yeux. Il y aurait : des vies volées, des 404 brûlées, des plages incendiées ; des hommes à abattre, des cartes à battre, des armes...
Le "café familial", c'est un petit café où les poussettes sont autorisées à pénétrer. On y sert des jus de fruits et des goûters équilibrés ; il y a des jeux, des lettres colorées et des banquettes rembourrées. Plus authentique que le McDo, plus équitable,...
CHAPTER TWO : LE DINER Toujours dans mon exploration des codes filmiques de l'univers américain, j'en viens au diner, lieu cultissime dans lequel j'adore pénétrer. La première fois, je pense, c'était en regardant Pulp Fiction : ce n'était vraiment pas...
Dans quelle langue écrit-on ? C'est la question que je me suis posée en lisant le roman de Kamel Daoud, Meursault, contre-enquête , publié en France chez Actes Sud en mai 2014. J'avais donné à lire L'Etranger de Camus à mes élèves de première. Aussi,...
Des centaintes de petites lumières scintillaient, que l'on voyait du haut de la tour qui surplombait la ville. Alors que le jour déclinait, l'horizon de Boston cessa de se découper avec clarté ; le ciel se joignit étroitement à la mer, laquelle, dévotement,...
Vous êtes au fin fond de la campagne. Il pleut, vous n'avez pas de voiture, les routes de toute façon, ne sont que lacets et déjà ce mot vous entortille la pensée. C'est sombre, c'est difficile de vivre, parfois. Alors que vous ne tentez même plus de...
C'était un bon copain. Hyper-soleil à l'aplomb sur une vie désert de plomb. Hyper-présence de lui miroir d'absence de l'autre. Tout son talent consistait à ne rien viser. C'était un bon copain. Sa vie sans pompe ni lyrisme tournait comme des aiguilles...
Vous arrive-t-il de rêver des morts ? Je rêve des êtres chers et défunts ; au réveil, je n'ai de regret que d'avoir perdu le sommeil qui les avait laissés vivre en moi, ces êtres disparus. Apparitions avec lesquelles j'entretiens parfois des conversations,...
Les films d'espionnage en général et les James Bond en particulier . J'ai toujours adoré regarder les James Bond, surtout ceux avec Sean Connery et Roger Moore, mais dès qu'entrait en jeu une quelconque société secrète, genre le SPECTRE, je peinais à...
Il y a des vies qu'on aimerait rembobiner, le problème est de savoir où commencer. A partir de quand la chose s'était-elle précisément gâtée ? L 'histoire s'était-elle progressivement dégradée ou juste rompue avec brutalité ? Etait-ce déjà fichu avant-même...
...non placent. Depuis quelque temps, j'ai l'impression de voir double - je parle de films, pas de vision. En regardant The Humbling, le dernier Barry Lewinson, qui réunissait l'infatigable - mais usé jusqu'à la lie de la comédie - Al Pacino et la très...
L a ville est hyper-réelle à vous en donner des nausées. Les voitures, vieux tas de métaux malodorants et crasseux foncent avec leurs lumières allumées sous la pluie. Je distingue tout des ampoules, des verres striés, des contours chromés. Clochards,...
Tu m'as laissée à mon silence. Je revois le plateau qu'elle porte sous mes yeux et qu'elle offre à ta bienveillance. D'un regard, je le renverse. Et je tombe, tombe, tombe. Ce plateau d'argent qu'elle a préparé pour toi et qu'elle me demande de regarder...
A Jules Supervielle Je suis entrée dans ta tête comme on entre dans une cave Et à tâtons, j'ai erré jusque dans la caverne de ta poitrine. Entre tes os, que ma respiration déplaçait, Entre tes articulations, mon rire a grincé. Ma tête s'est cognée à ton...
CONTES CRUELS "IL FAUT TOUJOURS QU'UNE PORTE SOIT OUVERTE OU FERMEE" (A. DE MUSSET) Dans le taxi qui la ramène chez elle, Marge regarde avec perplexité l'homme brun à la barbe éparse, qui partage la même banquette qu'elle. Tout aussi épars, le peu de...
L'intrigue est limpide mais c'est toi qui la disloques, la déglingues en étoiles furibondes qui délabrent le ciel de leur tranchant. Et que te fallait-il ces sordides contorsions de la vie, ces courbures insinuantes de l'esprit, quand pas un mur ne heurte...
On dit qu'il s'est dit des choses abominables dans nos écoles, ces derniers jours. Que les professeurs se sont sentis démunis face à leurs élèves, qu'ils n'étaient pas préparés à leur répondre. Il y avait comme une traînée de poudre planant sur la salle,...
Douze jurés tirés au sort sont réunis pour délibérer d'une affaire : un jeune homme a été convaincu de parricide. Il fait chaud et le ventilateur ne tourne pas, en panne et morne. Il y a un match de base-ball dans l'après-midi, et le juré n°10 n'a pas...
DE LA DENSITE D'UN FIL Comment raconter ? A priori, "Ces instants-là" ne raconte pas une histoire, mais avance par annotations successives, maintenant le lecteur au seuil d'un pays, la Norvège, d'une conscience, "elle", d'une temporalité à peine marquée...
Était-ce une pulsion voyeuriste qui me poussait à aller voir Amy ? En regardant la bande-annonce, j'ai d'abord entendu une voix ressuscitée - bien trop brièvement pour que je puisse en être comblée, aux échos hypnotiques. Appâtée, donc, je me suis mise...
Dans le train, je m'ennuie ferme - et c'est peut-être bien la seule chose de ferme que je puisse appréhender, tout le reste n'étant que vertige et instabilité. J'essaie de m'endormir ou de rêvasser, je parviens même quelquefois à m'assoupir, mais je lutte...
"Il faut vous arrêter." Une blessure au genou me contraignait à renoncer à la course à pied. Tous les spécialistes semblaient s'être accordés : "Pratiquez le yoga. La relaxation, la respiration, la détente, les assouplissements, la proprioception". Trop...
Le ciel s'est déchiré dans ma poitrine. Je suis entrée en elle, j'ai crié, mais le son était étouffé. Je me suis retournée contre les parois, j'ai tâté ton absence et ton silence. Je suis enterrée dans un désert. Les mots sont collés à mon palais, brisés...
Les pièces tombent sur le sol avec fracas : Elle se penche sur les médailles Qui décomposent son visage En multiples éclats. N'a pas le courage de ramasser Pas la force de rassembler Ni de jeter, d'un coup de pied, Les faces éparpillées. Les met de côté....